La bonne Fraise
La bombe atomique a détraqué le temps dans les années soixante. Et comme si cela ne suffisait pas, de nos jours, le réchauffement climatique nous menace. Mais ça, la fraise allemande, elle, s'en fou. La fraise allemande s'éclate.
La bombe atomique a détraqué le temps dans les années soixante. Et comme si cela ne suffisait pas, de nos jours, le réchauffement climatique nous menace. Mais ça, la fraise allemande, elle, s'en fou. La fraise allemande s'éclate.
Raz le Mütze de ce temps plat et blanc. Le sol est blanc. Le ciel est blanc. Et entre les deux, c'est blanc aussi. Je descendais une des collines de l'Hasenheide quand j'ai dérapé dans la neige. Après avoir glissé sur quelques mètres, je me suis relevé et après un moment, je me suis rendu compte que tout le monde faisait le poirier. C'était étrange. Les gens se déplaçaient à l'envers ! Il a fallu que je chute une deuxième fois pour réaliser que c'est moi, qui ayant perdu tous sens de l'orientation et de la verticalité, marchais sur la tête. Il était temps de me diriger vers des contrées moins blanches et plus chaudes.
L'intégration passe aussi par la nourriture, alors j'ai fait des régimes de Berliners, de Currywursts et de choux. Comme la ville est culturellement très riche, j'ai aussi fait des cures de döners mais là, j'ai plus de mal, enfin je veux dire mon estomac a plus de mal.
Voici un document exclusif. Attention certaines images peuvent choquer un public sensible ou non averti, ou les deux. Le carrot cake, comme vous ne l'avez jamais vu.
Hier à Schoenfeld, après que j'ai récupéré mes bagages, une jeune fille aux couleurs de la Deutsche Bahn s'est précipitée vers moi et m'a remis 2 petits sachets. Dans chacun il y avait un Berliner et une pub pour les divers billets du S Bahn. J'ai bien dit deux sachets. Pas un seul comme pour les autres pauvres voyageurs, ceux qui ne tiennent pas de blog sur Berlin.

Rewind. Mon grand père avait rentré son bleu de travail dans ses bottes en caoutchouc vert. Le béret vissé sur la tête, il me guidait à travers la bruyère. En arrière plan le Puy de Sancy sur fond de ciel bleu et la silhouette noire de la tour de la mine de Messeix. C'est justement la mine qui m'inquiétait, car je savais qu'elle était sous nos pieds et que parfois le sol s'effondrait. Après un moment de marche, on quittait les genets et les bruyères, on sautait par dessus un ruisseau, nous avions atteint notre objectif, le champ aux pissenlits. J'avais un couteau à la main, mais la vue des grands lombrics qui zigzaguait entre les mottes de terre rouges m'écoeurerait. Après trois ou quatre berk bien sonores, je me retrouvais à porter le panier en osier dans lequel il jetait sa récolte. De jolis petits pissenlits, blancs et verts.

Contrairement à la chicorée Leroux qui ne rend beau que les jumeaux, la consommation de biscottes Brandt est efficace sur tous les autres enfants. La preuve joufflue est sur la boîte, un bambin blondinet au grand sourire. Goûtons les. Après je vous parle de la Saint Valentin.
J'aime bien cette accroche. Pas de "plus produit". Pas de promesse. Pas de grand concours, juste : Mangez des fruits. Ça s'adresse à tous le monde. Pas de cible, pas de segmentation, pas de niche. Ils auraient pu ajouter "C'est bon" : Mangez des fruits, c'est bon. Même pas. Quand au packaging, n'en parlons pas. Il emballe, c'est tout. Esst Obst!

En RDA, le régime politique était totalitaire et le régime alimentaire n'importe quoi. Manger correctement en n'étant pas membre du partit, des milices populaires ou de la STASI relevait du domaine de l'utopie. La RDA était non seulement le pays du café sans café mais surtout le pays ou la planification de l'économie faisait qu'on ne savait jamais ce qu'on trouverait au Kaufhalle (le supermarché du coin), pour simplifier la tache de la ménagère on inventa la Soljanka.

Un vrai Gummibärchen a toujours été chimique, on l'a toujours su, on n'est pas né de la dernière pluie acide ! Le sachet a beau nous montrer des ananas, des oranges ou des fraises, on n'est pas dupe, c'est chimique. Mais c'est bon. Et voilà que ce plaisir est menacé, par un autre Gumiberchen. Le gros, à gauche sur la photo.

Tu fumes une Marlboro et aussitôt des femmes super sexy se collent à toi. Tu bois un Four Roses et des bimbos en bikini te pétrissent le dos et les épaules. Tu conduis la dernière 404 Peugeot et des starlettes lubriques ouvrent ta chemise pour te caresser les tablettes de chocolat. Ce genre de message publicitaire n’est plus possible, fumer, boire, conduire tue ou pollue et la femme n’est plus un objet sexuel. Enfin sauf dans les clips de Rap mais ça c’est pas pareil, c’est pour dénoncer, enfin je crois. Le pauvre DA super créatif de l’agence de pub était frustré, plus d’embrassade langoureuse suite à la consommation d’un de ses produits. Soudain est apparu le Pumpernickel Mestemacher.

C'était en juillet 2006 dans un bar de Kreuzberg. Le serveur prend la commande, je demande un late machiato et Paula (9 ans) une Bionade. Depuis sa naissance elle buvait de l'Apfelschorle et subitement elle changeait. Bionade, je ne savais même pas que ça existait, mais le serveur connaissait. D'ailleurs, tout le monde connaissait. Je n'avais vu aucune pub dans la presse, rien sur les murs, mais tout le connaissait, sauf moi. Tout le monde en buvait. Depuis, bien du soda a coulé sous Admiralbrücke.
100 g. de Knut
Knut est déjà un gros ours et n’a plus rien à voir avec la peluche des débuts. C’est pourtant seulement maintenant que je le trouve en vente, version Marshmallow. C’est Haribo qui a acheté la licence. J’ai goûté.

Je dévore compulsivement les Gummibärchen - les petits ours Haribo en gélatine de vache folle. Je n’ai jamais pu identifier à quoi ils sont parfumés, mais j’ai pourtant mes préférés. Les ours orange. Et je suis toujours frustré quand il n’y en a plus. “Quoi! j’ai déjà fini? Mais je viens à peine de commencer”. Et encore plus frustré quand je me rends compte que Paula (10 ans) a toujours devant elle une petite pyramide d’ours rouges. Après une étude très poussée, je viens de découvrir pourquoi je finis toujours le premier mes Gummibärchen.

Je m’aperçois que plus je passe de temps à Berlin, plus les saucisses, et surtout les currywursts prennent de l’importance dans ma vie. Je m’étais juré d’éviter les clichés, mais là je dois dire que j’ai fait découvert quelques perles saucissières assez drôles, un clip, un projet de musée, une conversation.

Comme si apprendre l'allemand n'était pas assez difficile, quand on est à Berlin il faut en plus apprendre le Berliner Schnauze. Par exemple, le mot Brot, pain, il suffit d'ajouter un tréma sur le o et un chen à la fin et ça donne Brötchen, petit pain, jusque-là tout roule. Mais Schrippe, qui es tu ?

Je pensais que les derniers cannibales avaient disparu et qu'on les trouvait plutôt dans les îles du Pacifique, telles les Vanuatus ou les Tuamotus. Il n'en est rien, sur l'île de Rügen, dans la Baltique, il vaut mieux ne pas vous présenter comme étant de Berlin, de peur que les habitants ne vous dévorent. À Binz, on parfume les Berliners et on les mange - Dufte Berliner.

Il y avait deux canaris dans la cage. Un couple “ sinon ils sont malheureux ”. Ils chantaient toute la journée. Tant de bonheur réjouissait ma tante, mais elle était bien la seule dans l’immeuble, car leurs sifflements résonnaient dans la cour et plus d’un voisin aurait aimé les voir dans la bouche d’un chat. Elle les nourrissait avec des graines de chanvre et leur versait régulièrement de la bière dans une petite coupelle. En fait, ses oiseaux n’étaient pas heureux, ils étaient alcooliques, bourrés du soir au matin. Si cette scène s’était passée de nos jours à Berlin, elle aurait certainement acheté de la Cannabia au Karstadt du coin. J’ai goûté.

J’ai décidé de prendre position dans le houleux débat qui déchire Berlin depuis des siècles : où mange-t’on les meilleurs currywursts ?

Depuis le temps que je voyais ce visage poupin aux joues carminées, censé représenter la bonne santé, qu'il fallait qu'un jour je goûte ce Rotbäckchen.

À 6 ans, j'avais une idée très précise de ce que ferais plus tard:
"Quand je serais grand, je serais debout toute la journée dans le froid autour d'Alexanderplatz. J'aurais sur le dos une bouteille de gaz de plusieurs Kilos qui alimentera un grill maintenu au niveau de mon ventre grâce à des sangles et sur lequel je ferais cuire des saucisses.
À la ceinture, j'aurais un sabre laser jaune. Quand je le presserais, il en sortira de la moutarde."
Ce rêve magnifique et enchanté "Grillwalker " l'a réalisé.
Appellez moi Luke. Luke Grillwalker.

Il était tard, ou très tôt, tout dépend de quel point de vu on se place. Je devais finir un boulot en urgence (on finit toujours les boulots en urgence). Le sommeil hourdait mes yeux. Tellement, que je ne voyais plus mon écran que par alternance. Il me fallait un stimulant pour continuer. Je n'avais plus de café, plus de thé, et je ne sais pas pourquoi j'ouvrais un tiroir de mon bureau.

C'est une petite demi-boule de pain d'épice, avec une fine pellicule de sucre glace. Quand on mord dedans on est instantanément transporté à Noël. Ça s'appelle des Pfeffer Nüsse. Aller, j'en prends une autre.
Vous en voulez une ? Oh! Il n'y en a plus! C'est balot !

- C'est Noël?
- Non, pas encore. On est justes allé prendre un Milchkaffe (café au lait) avec un croissant. Le café est hypra bon et le croissant, un mélange de croustillance et de moeleusité stratifiée. Il est 4 heures de l'après-midi. Dehors le goudron brille, le ciel grisaille, et quand on marche on rentre la tête dans les épaules. Mais avec un bon manteau c'est super.

Je vais prendre position dans le houleux et très important débat qui divise Berlin depuis des années : où manger les meilleurs currywursts ?

Je rentre chez Plus (un supermarché discount d'ici ) et je tombe sur une pile de Coca Cola Zero. Zéro quoi me dis-je? Serait-ce la version low cost du Coca. Zéro euro? J'en prends une bouteille et à la caisse je réalise que ce n'est pas Zéro euro, mais le même prix qu'une bouteille normale. Alors quoi?

Dès que le printemps pointe son nez, un animal en métal à quatre pâtes pointe, non pas son nez, mais ses charbons ardents sur le moindre morceau d'herbe ou de gazon de la ville, je veux parler du Barbecue.

En ce moment, la rue de Dieffenbachstrsse à Kreuzberg est très agréable. Elle est protégée de la canicule par de volumineux platanes et les les grands trottoirs sur lesquels de nombreux bars étalent leurs terrasses lui donnent des airs de ville de Provence.